L'ambassadeur de Djibouti, Siad Mohamed Doualeh a estimé lundi 28 janvier, devant la Cour internationale de justice à la Haye, qu'en lui refusant le dossier Borrel, la France a commis "des faits illicites et inexplicables" au regard de deux traités de coopération judiciaire et d'amitié signés par les deux pays en 1976 et 1986.
Enquête
Il a une nouvelle fois demandé aux juges de condamner la France à remettre les résultats de cette enquête à Djibouti, pour rétablir des relations bilatérales marquées par "l'effritement des principes essentiels d'amitié et d'entraide".
Il a renouvelé sa demande auprès des juges d'annuler les mandats d'arrêt internationaux contre deux hauts fonctionnaires djiboutiens, et le retrait de la convocation à témoigner adressée au président djiboutien Ismaïl Omar Guelleh, émis par la justice française dans le cadre d'une instruction sur la mort de Bernard Borrel.
Imbroglio politico-judicaire
Le corps calciné du juge d'instruction français avait été retrouvé en 1995 dans un ravin à Djibouti, où il travaillait dans le cadre de la coopération judiciaire bilatérale.
L'enquête djiboutienne a conclu au suicide, mais la France a privilégié la thèse de l'assassinat, plongeant les deux pays dans un imbroglio politique, diplomatique et judiciaire, le premier accusant le second de refuser de lui communiquer des éléments de son enquête et portant l'affaire devant la CIJ en janvier 2006.La France répliquera mardi.
Plaidoiries
Lors du premier tour des plaidoiries la semaine dernière, Paris a évoqué "les intérêts primordiaux de l'Etat" pour justifier son refus de transmettre le dossier, et a demandé aux juges de se déclarer incompétents sur les questions des mandats d'arrêt et de la convocation à témoigner, estimant qu'elles sortent du contexte de la requête pour laquelle la France a accepté de se soumettre à la Cour.Le jugement n'est pas attendu avant plusieurs mois.
Source; AFP