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DJIBOUTI: Solidarité nationale « Nous ne cesserons pas de combattre la pauvreté
DJIBOUTI: Jeudi, 26 Juillet 2012  (DjibTalk)  — Solidarité nationale « Nous ne cesserons pas de combattre la pauvreté », déclare la secrétaire d’Etat à la Solidarité Nationale, Mme Zahra Youssouf Kayad La Nation : Mme La Secrétaire d’Etat, vous avez entrepris durant ce mois béni beaucoup d’activités de distribution de vivres. Pouvez-vous nous dire comment se passent les choses sur le terrain ?Mme Zahra Youssouf Kayad : Nous avons démarré un programme de distribution de vivres quelques jours avant le début de ce mois béni.
Et je dois dire qu’à ce jour, environ 4000 familles de Djibouti-ville et Balbala et 2500 autres des régions de l’intérieur ont reçu des rations alimentaires.
Nous travaillons conjointement avec le Ministère de l’intérieur et ce, à travers l’ONARS, mais également avec des ONG nationales qui ont des capacités de gestion de ce type de projet.
Celles-ci font le ciblage des bénéficiaires, la coordination des actions sur le terrain et analysent l’état de vulnérabilité de ces populations, et en même temps nous leur remettons les vivres qu’elles distribuent en fonction de leur propre méthodologie.
Un bon nombre de ménages djiboutiens vivent dans la précarité absolue.
Quelles sont les mesures prises par votre département ministériel pour leur venir en aide?
Dans le cadre de la feuille de route que le président de la République nous a assignée, mon département ministériel a développé une stratégie nationale de filets sociaux de sécurité qui va aider un peu les ménages vulnérables.
Lesquels ne vont pas par ce biais tomber brusquement dans la précarité.
Les filets sociaux sont un ensemble d’activités dont fait partie la distribution de vivres.
Il y a aussi ce qu’on appelle « travail contre nourriture » et d’autres programmes développés par l’ADDS dans les régions comme le microcrédit et la formation pour les jeunes.
Et nous espérons à travers tous ces programmes de filets sociaux venir en aide à nos populations les plus vulnérables.
L’objectif à terme de ces projets est de redresser le niveau économique des ménages à faibles revenus afin qu’ils puissent arriver à contracter un crédit, ou à travailler ; ou être capable de se prendre en charge de manière individuelle.
Au niveau des régions de l’intérieur, est ce que l’aide est aussi effective que dans la capitale ?
Absolument, nous avons voulu que l’aide et l’assistance que procurent notre ministère et les autres départements touchent aussi les régions de l’intérieur.
Nous connaissons également l’état de vulnérabilité de ces régions.
Dans un premier temps, nous avons donné des vivres à plus de 500 familles au chef lieu d’Ali Sabieh.
Et nous allons renforcer ce programme avec une nouvelle phase de distribution pour toutes les régions de l’intérieur.
Nous avons également mobilisé plusieurs ONG caritatives arabes qui sont prêtes à distribuer des vivres pour toutes les localités des régions de l’intérieur.
Et pour ce faire nous allons poursuivre le programme parmi les régions avec Arta, ensuite Obock, Ali Sabieh, Tadjourah et Dikhil.
Tout ceci se fera bien sûr en fonction des dotations que nous recevons des pays frères et amis.
Nous espérons une accélération de ces projets au sein des régions de l’intérieur où l’ADDS intervient déjà dans le cadre du programme de la réduction de la pauvreté dont l’accès au micro crédit est l’une des composantes.
Nous avons également remis des motos- taxis pour permettre aux jeunes de travailler dans ces régions.
Nous avons par ailleurs mis à la disposition des coopératives des outillages agricoles.
Le tout répond au souci du gouvernement de faire de nos régions de l’intérieur des pôles économiques compétitifs, capables de se prendre en charge en exploitant et valorisant de manière optimale leurs potentiels respectifs.
La solidarité nationale se résumait autrefois à l’appui au développement, alors que maintenant l’aide est devenue visible.
Est-ce là une prérogative que vous vous êtes fixée depuis votre arrivée à la tête de ce département ministériel?
Mon département s’occupe plus de la lutte contre la pauvreté.
Ce vaste chantier comprend des volets axés sur la promotion de la solidarité et l’appui aux groupes vulnérables.
Depuis ma prise de fonctions, le président de la République a voulu recadrer les actions du Secrétariat d’Etat à la Solidarité Nationale.
Le Président de la République a voulu que nous mettions plus l’accent sur l’aide directe aux populations vulnérables.
D’où la nécessité d’institutionnaliser le fonds de solidarité nationale dont la loi est passée récemment au Parlement.
Ce fonds est un outil financier permettant de créer ce qu’on appelle des caisses de soutien pour les groupes vulnérables.
Il s’agit de fonds d’aide pour les pauvres.
Avec cet outil financier, notre espoir est que la réponse de l’Etat djiboutien soit accompagnée d’une réponse des donateurs ;parce que dans un programme aussi vaste que la lutte contre la pauvreté, l’Etat tout seul ne peut pas tout faire en raison des contraintes budgétaires.
Nous comptons donc beaucoup sur les ONG et les donateurs multilatéraux pour appuyer l’action de l’Etat.
Mais la stratégie d’interventions a été fixée par la feuille de route que m’a confiée le chef de l’Etat lors de ma prise de fonctions.
J’estime que nous sommes en totale conformité avec cette stratégie qui consiste à appuyer les groupes vulnérables pour mieux les sortir de cette précarité et les ramener à un niveau économique convenable.
Lorsque nous allons soustraire ces derniers aux aléas de la pauvreté, nous ferons en sorte que d’autres groupes vulnérables puissent accéder au programme de protection sociale.
C’est un travail continu. C’est pourquoi la coordination des actions en synergie des ministères sectoriels concernés s’impose dans la lutte contre la pauvreté.
Ne perdons pas de vue qu’une personne en difficulté ne pourra pas scolariser ses enfants ni les soigner ni travailler pour subvenir aux besoins de sa famille.
C’est tout un ensemble car la pauvreté ne se résume pas simplement à une pauvreté économique.
Nous encourageons donc tous les départements ministériels à travailler avec nous pour remédier à toutes ces autres facettes de la pauvreté.
Selon vous, que faudrait-il faire pour que nos populations vulnérables puissent sortir de la précarité et quelles sont les perspectives d’avenir pour votre ministère ?
Au niveau de mon ministère, je tiens à vous affirmer d’abord que nous sommes dans un pays avec beaucoup de contraintes extérieures car nous ne produisons pas, nous ne transformons pas encore les produits et tout ce qui est consommé au pays nous arrive de l’extérieur.
Cet aspect crée une certaine fragilité, une dépendance .
Et nous subissons, de ce fait, les chocs exogènes des hausses successives des cours mondiaux des denrées alimentaires.
Et ceci accentue davantage la vulnérabilité des ménages à faible revenu.
Nous espérons donc renforcer avec cette stratégie de filets sociaux la capacité des populations vulnérables à résister aux chocs de nature climatique comme la sécheresse, le risque social d’un accident de travail.
Il faut que nous puissions doter les populations vulnérables d’une capacité de résistance au choc.
Ensuite l’état est en train d’organiser des mécanismes d’aides sociales « pérennes».
Lesquels, par exemple ?
Avec l’institution des fichiers uniques qui vont recenser tous les ménages pauvres de notre pays, nous serons capables de doter chaque ménage vulnérable, d’un numéro unique avec une carte de bénéficiaire qui va lui permettre d’avoir accès gratuitement à des services payants, tels que des bourses familiales ou d’études.
Cela va aider les ménages djiboutiens à mieux résister aux chocs.
En cas de difficultés, les ménages cibles auront l’assurance d’avoir toujours des enfants scolarisés.
Il me tient à cœur de signifier que nos programmes de filets sociaux ne relèvent pas de l’assistanat.
Car nous aidons uniquement les populations vulnérables jusqu’ à ce qu’elles atteignent une réelle capacité de prise en charge de leurs besoins élémentaires.
Nous allons bien entendu élargir l’aide sociale aux groupes qui en ont le plus besoin comme les handicapés, les orphelins, les veuves.
Et tous ces groupes bénéficieront de l’appui adéquat à l’avenir dans le cadre des programmes que nous sommes en train de mettre sur pied.
Nous allons aussi renforcer l’action de l’ADDS dans les régions de l’intérieur et doter de plus de moyens les caisses d’épargne et de crédits pour permettre aux jeunes diplômés et à tous ceux qui veulent monter une petite entreprise de trouver les fonds nécessaires.
Tous ces outils sont très importants pour concourir a la lutte contre la pauvreté.
Il faut travailler sur différents leviers.
Le budget de l’Etat doit être en mesure d’accompagner ces programmes de lutte contre la pauvreté.
Il en est de même pour les aides que nous recevons de nos différents partenaires au développement.
Mais pour être efficace, il faudrait que les djiboutiens puissent participer à cet élan solidaire national.
Et grâce au fonds de solidarité nationale, tous les programmes de pauvreté seront financés pour montrer l’impact réel de cette cotisation et nous espérons développer dans les années à venir une véritable chaîne de solidarité nationale autour des programmes que nous avons mis en place.
Cette aide ne va-t-elle pas créer une dépendance ?
Cette aide alimentaire est d’abord temporaire, pour ce mois béni et ce jusqu’à la rentrée scolaire.
Ces programmes de filets sociaux ne sont pas des programmes d’assistanat.
Il faut juste donner de l’aide aux personnes au moment où elles en ont besoin.
Et lorsque cette personne n’en a plus besoin, une autre prendra sa place.
Ce système sortira donc les personnes de cette précarité qui les rend vulnérables.
La deuxième étape de notre plan d’actions est de leur permettre de subvenir à leur besoin, soit par la formation professionnelle aux jeunes déscolarisés, soit par l’offre des lignes de crédits aux femmes qui veulent mettre en place leur propre affaire et la mise en place d’un mécanisme d’insertion et de création d’auto-emploi pour les jeunes diplômés.
Et à partir du moment où la personne sera capable de subvenir à ses besoins et à ceux de sa famille, nous estimons que c’est un ménage qui est capable de sortir de ce programme.
Toutefois, certaines personnes y resteront : les personnes âgées, les handicapés moteurs et mentaux, et tous ceux ayant des besoins spécifiques et qui ne peuvent pas bénéficier d’une autonomisation.
C’est le devoir de l’Etat d’être solidaire de ces personnes car elles font partie de notre société et nous devons avoir un geste de compassion.
Un mot pour finir …
Je souhaite à tous les Djiboutiens de passer un excellent mois de ramadan dans la piété et le recueillement.
A nos citoyens les plus fragiles, mon vœu le plus cher est qu’ils puissent avoir la force de s’en sortir.
Et je voudrais leur dire que nous ne cesserons pas de combattre la pauvreté, sous toutes ses formes.
Propos recueillis par N. Kadassiya
 
 
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